La construction

Au cours des cinq premières années d’existence du camp, le nombre de campeurs n’a cessé d’augmenter, si bien que la première salle à manger est rapidement devenue trop petite pour rassembler tout le monde. Il fallait donc construire une nouvelle cafétéria, et le projet a été confié à monsieur Rosario Moisan, qui avait déjà effectué de nombreux travaux sur le site du camp. Le père Paul lui a demandé de concevoir une cafétéria aérée et lumineuse, où 300 personnes pourraient s’assoir. Monsieur Moisan a alors eu l’idée du grand puits de lumière au centre, et a ajouté à son plan plusieurs fenêtres tout autour de la cafétéria.

La cafétéria

Pendant l’été 1969, armé de son petit bulldozeur, il a aménagé l’espace où il prévoyait construire la cafétéria. C’était un endroit idéal, car le relief naturel du terrain permettait de prévoir un espace de rangement au sous-sol sans avoir à creuser. Monsieur Moisan a coupé de nombreux arbres sur le site du camp, et les a écorcés et préparés pour la construction, qui a débuté à l’automne 1969. Accompagné de son fils, il a d’abord posé l’immense plancher, puis a monté les murs et les poteaux qui serviraient à soutenir le toit.

La cafétéria

La cafétéria

La cafétéria a entièrement été construite par ces deux hommes, qui ont fait preuve d’une ingéniosité impressionnante pour monter les énormes billots servant de poutres et de poteaux de soutien, à l’aide d’échafaudages et d’un système de madriers et de corde. Le fait de placer des poteaux en diagonale leur a permis de répartir la charge du toit sur les différentes poutres, et ainsi d’aménager un grand espace libre au centre de la cafétéria.

La cafétéria

Au printemps 1970, monsieur Moisan et son fils ont ajouté les deux grandes galeries à l’avant de la cafétéria et sur le côté, car le père Paul voulait que les campeurs qui attendraient pour entrer à la cafétéria puissent le faire à l’abri de la pluie. Ils ont terminé les travaux pendant la semaine de formation du personnel, juste avant l’arrivée des campeurs.

La cafétéria

L’aménagement intérieur

En plus du grand comptoir de service qui sépare la cuisine de la salle à manger, monsieur Moisan a construit un immense vaisselier, où les campeurs rangeaient bols, assiettes, ustensiles et cabarets. Les tables de l’époque étaient assez longues pour assoir 10 personnes, soit 9 campeurs et leur moniteur.

La cafétéria

À la fin du repas, deux ou trois campeurs étaient chargés de nettoyer la vaisselle du groupe, dans des petits récipients. La première laveuse à vaisselle est arrivée au camp en 1979, et elle était entièrement mécanique.

La cafétéria

Quand les équipes sont passées à 12 campeurs, des rallonges ont été fabriquées avec les têtes de lits que l’organisation des Jeux Olympiques de Montréal de 1976 avait distribuées dans les camps! En 1989, le tout a été peint avec les couleurs vives que l’on connaît aujourd’hui.

Le personnel de la cuisine

Au départ, ce sont les religieuses de la communauté des petites franciscaines de Marie qui s’occupaient des repas, sous la direction de Sœur Marguerite Tremblay.

La cafétéria

À partir de 1984, plusieurs cuisiniers se sont succédé pour remplir la tâche colossale de nourrir tout le monde sur le camp. Certains arrivaient très confiants car ils avaient déjà travaillé dans des camps de bûcherons, mais ils avouaient après quelques jours que des jeunes de 13 à 17 ans et des moniteurs, ça mange plus que des bûcherons!

La cafétéria

La vie de camp

Au cours des années, la cafétéria a été le théâtre de la vie de camp à de nombreuses reprises. On y a tenu des évènements comme les soirées d’accueil, les célébrations de fin d’été, les banquets des voyageurs, des soirées thématiques, des grands jeux et même des anniversaires de mariage!

La cafétéria

Il serait également difficile de ne pas mentionner le magnifique canot d’écorce suspendu au plafond au dessus de l’espace central. Il s’agit d’un cadeau de César Newashish, membre de la nation des Atikamekw au nord de La Tuque, remis au camp en 1968.

La cafétéria

De plus, les murs de la cafétéria sont parsemés de morceaux de l’histoire du camp. C’est le père Chabot qui a initié ce mouvement, en dessinant sur des contreplaqués les évènements marquants de la construction du camp. Par la suite, les voyageurs ont inscrit les dates de leurs expéditions chaque année, et le tout est vite devenu une tradition. Chaque fois qu’une nouveauté faisait son apparition au camp, un nouveau panneau était installé dans la cafétéria. Bien plus qu’un simple lieu pratique, la cafétéria du camp est maintenant un véritable symbole de l’histoire de Kéno.

La cafétéria

 

Elisabeth Blais

 

 

Elisabeth Blais

Coordonnatrice aux communications