Guillaume Moreau
Totem : Ouananiche
Kéno, mon camp depuis 18 ans

 
Quel a été ton parcours à Kéno ?

J’ai commencé à venir au camp comme campeur quand j’avais 7 ans, chez les Découvreurs. J’ai été dans ce secteur quelques années, avant de m’inscrire au programme Aventuriers Kayak. C’est à ce moment là que j’ai vraiment eu la piqûre de l’eau-vive, et que j’ai su que les sports de rivière étaient quelque chose que je voulais continuer à pratiquer. J’ai tellement aimé ça que je suis retourné dans le même programme l’année d’après !

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Ensuite, j’ai été Explorateur dans le programme Eaux-vives, puis Voyageur sur la Metabetchouanne et l’Ashuapmushuan. En 2008, j’ai participé à la Grande Expédition sur la rivière Moisie. Après cet été là, je pensais bien que mon parcours au Camp de vacances était terminé ! L’été suivant, j’ai suivi des formations pour être guide de rafting mais à la dernière minute, une place s’est libérée pour participer à l’expédition sur la rivière Romaine, qui allait être harnachée sous peu pour des barrages d’hydroélectricité.

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Je peux honnêtement dire qu’avoir la chance de pagayer la Romaine a été l’une des plus belles choses qui me soit arrivée. Encore à ce jour, c’est la plus belle rivière que j’ai parcourue. Cette expédition a été comme un déclic pour moi. J’y ai gagné beaucoup de maturité et de confiance en moi, et c’est ce qui m’a fait réaliser que du canot et des expéditions, je veux en faire toute ma vie. C’est pour cette raison que je suis retourné au camp les étés suivants pour être moniteur Eaux-vives et Voyageur, puis pour guider une expédition sur la Bazin en 2013.

Guillaume Moreau

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Quel est ton endroit préféré au camp ?

Selon moi, le plus bel endroit à Kéno, c’est sur le lac, juste en dehors de la baie, un peu plus loin que l’île d’Oscar. J’adore y aller en canot, particulièrement le soir. Lorsque le temps est calme, que le ciel est dégagé, que la lune se reflète sur l’eau et qu’on entend le huard chanter, c’est tout simplement magique.

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Selon toi, qu’est-ce qui fait la force de Kéno?

Je crois que le camp a un rôle incroyable dans notre éducation, surtout en ce qui concerne l’expédition. Lorsque tu es campeur, tu apprends à vivre l’expédition, à apprécier le contact avec la nature. Comme moniteur, tu apprends à gérer ton expédition et ton groupe, même si le camp t’offre encore beaucoup d’encadrement. Puis, en tant que guide, tu as des responsabilités d’organisation qui s’ajoutent encore. Donc ce ne sont pas seulement les campeurs qui retirent quelque chose d’incroyable de leur passage au camp, ce sont aussi les moniteurs, les coordonnateurs, les instructeurs, et probablement même le directeur !

Guillaume Moreau 

Qu’est-ce que tu as retiré de ton passage au camp ?

Je dirais que ça revient beaucoup aux apprentissages. Au bout d’un été, tout le monde a grandi et appris, et ces apprentissages-là, ça te reste toute ta vie. Pour moi, tout ça a beaucoup été relié aux expéditions. Toutes ces connaissances, tout ce bagage, ça m’a amené graduellement à me dépasser, ça m’a donné progressivement les outils nécessaires pour partir ensuite par moi-même. C’est devenu la suite logique et naturelle, du moins dans mon cas, d’organiser ma propre expédition.

Guillaume Moreau

Par exemple, je suis parti d’été dernier au Yukon, pagayer les rivières Hart et Peel et le fleuve Mackenzie pour une expédition de 45 jours. C’était un gros défi d’organisation, nous devions préparer de la nourriture pour 37 jours d’autonomie sans ravitaillement. Quand l’un de nos canots s’est complètement brisé après 10 jours d’expédition, j’étais assez content d’avoir appris à réparer des canots à Kéno ! Nous avons aussi perdu nos tentes, nos sacs de couchage et tout notre linge chaud et sec en plein cercle polaire. Encore une fois, j’étais reconnaissant envers le camp pour les techniques de survie en plein air que j’avais apprises, puisqu’il nous restait encore 350 kilomètres à franchir avant d’atteindre le village suivant. Ça illustre bien le genre d’outils que le camp te donne, qui font en sorte que d’organiser ta propre expédition, ça semble moins une montagne infranchissable par la suite.

Guillaume Moreau

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Qu’est-ce que tu souhaites à Kéno pour les 50 prochaines années ?

Des campeurs haha ! Mais sérieusement, j’espère que Kéno arrivera à relever le défi de se moderniser, de se réinventer tout en continuant à transmettre aux jeunes l’amour de l’expédition et de la nature. Une expédition, c’est un voyage. Ça te met dans un nouvel environnement, ça t’en apprend tellement sur toi-même et c’est quelque chose d’unique à partager. Je sais tout ce que ça peut apporter dans la vie de quelqu’un, de vivre le camp, donc je le souhaite au plus de gens possible.

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